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Andrew Fowler dans la presse

Au départ, je pensais qu'il fallait attendre une possible pause dans la comédie française pour parler de ce livre. Je me suis faite polie et patiente.... Et pourtant ce livre est une pure merveille pour comprendre que la classe politique française se moque complètement des intérêts de sa population. Avec le chaos dans lequel la France s’enfonce depuis des mois, voire des années, lire Atomisé d’Andrew Fowler revient à se prendre en pleine figure la brutalité des rapports de force internationaux. Car ce livre raconte comment un contrat historique (celui des sous-marins français vendus à l’Australie) a été méthodiquement saboté par les États-Unis et leurs alliés. Il raconte surtout comment l’AUKUS est né : dans les mensonges, la manipulation, la duplicité, et l’abandon de toute souveraineté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Andrew Fowler, journaliste australien chevronné, enquêteur à contre-courant dans un paysage médiatique anesthésié, met en lumière les rouages d’une véritable guerre de l’information. L’Australie, nous dit-il, n’a pas choisi l’AUKUS par nécessité militaire, mais par soumission politique. Le récit officiel (celui d’une Chine menaçante justifiant l’alliance nucléaire avec Washington et Londres) est une construction médiatique savamment orchestrée. Les documents que Fowler exhume et les témoignages qu’il recueille montrent que ce choix fut imposé par une propagande de peur, relayée sans nuance par des médias aux ordres.

Le grand jeu américain

Ce que révèle Atomisé, c’est que tout était joué d’avance. Derrière les sourires diplomatiques et les photos de contrats signés, les États-Unis travaillaient déjà à torpiller l’accord franco-australien. Scott Morrison, alors Premier ministre australien, se prêta au jeu : courtisé par les faucons de Washington, flatté dans son rôle d’allié loyal, il préféra saborder un partenariat industriel avec la France au profit d’une dépendance totale à l’armement américain.

La France, elle, n’était pas seulement « mise de côté ». Elle fut instrumentalisée, utilisée comme écran de fumée jusqu’à ce que le moment soit venu de l’évincer brutalement.

Une souveraineté pulvérisée

Le titre du livre, Atomisé, prend ici tout son sens : il désigne non seulement la question nucléaire, mais aussi la manière dont une nation — l’Australie — a vu sa souveraineté éclater en morceaux. En choisissant l’AUKUS, Canberra a sacrifié son indépendance stratégique sur l’autel de l’allégeance. Fowler insiste : l’Australie aurait pu tracer une autre voie, celle d’une autonomie technologique et d’un partenariat équilibré. Elle a préféré la vassalisation.

Et la France ? Elle a encaissé l’humiliation. Elle a dénoncé du bout des lèvres une « trahison », puis s’est empressée de normaliser ses relations avec Washington et Canberra. Cette mollesse est le signe d’un pays qui, à force de renoncements, ne sait plus défendre son rang.

La fabrique du consentement

Le livre n’est pas qu’un récit diplomatique. C’est aussi une plongée dans la fabrication du consentement. Morrison savait que l’opinion publique devait être conditionnée. Alors, il lança une campagne de peur : la Chine devenait une menace existentielle. Les médias répétèrent la fable, jour après jour, jusqu’à ce que l’idée d’un pacte nucléaire paraisse une évidence. Fowler démonte ce mécanisme avec précision, révélant comment une démocratie peut être menée par le bout du nez.

Une complaisance française

Mais réduire l’affaire AUKUS à une simple « trahison » serait trop confortable. La France n’a pas seulement subi : elle a participé à sa propre marginalisation. En refusant d’anticiper, en fermant les yeux sur les signaux faibles venus de Canberra et de Washington, en se réfugiant dans l’illusion d’un « partenariat stratégique », Paris a contribué à créer les conditions de son humiliation.

Pire encore : une fois le coup porté, notre diplomatie a réagi avec indignation… avant de normaliser rapidement les relations. Aucune remise en cause structurelle, aucune stratégie alternative, aucune volonté d’affirmer une vraie indépendance. Cette attitude révèle une complaisance coupable : la France préfère sauver les apparences plutôt que de défendre son rang.

L’Europe dans l’angle mort

Au-delà de la France, Atomisé met en lumière un constat plus large : l’Europe tout entière est traitée comme une variable d’ajustement dans les stratégies américaines. L’AUKUS n’a pas seulement évincé Paris : il a démontré que Washington ne se soucie pas des alliances européennes lorsqu’il s’agit de ses propres intérêts.

C’est un signal d’alarme pour l’Union européenne, qui persiste à croire au mythe d’un partenariat transatlantique équilibré. La réalité est brutale : face aux enjeux indo-pacifiques, l’Europe n’existe pas, sinon comme figurante.

Un rappel brutal

Ce qui rend Atomisé si précieux, c’est sa force de rappel : l’enquête journalistique, la vraie, existe encore. Mais elle est fragile, assiégée, et doit se battre pour survivre face aux puissances économiques et politiques. Andrew Fowler prouve qu’il est encore possible de déranger, d’enquêter, de nommer les responsables, de révéler les dessous des alliances.

Pour la France, ce livre est une leçon amère. Il nous montre ce que devient un pays qui abandonne sa voix, qui se contente d’accompagner les décisions des autres. Et il nous renvoie à une question centrale : voulons-nous subir, ou voulons-nous encore peser dans l’histoire ?

Atomisé n’est pas seulement le récit d’une trahison australienne. C’est un miroir tendu à la France, et à l’Europe tout entière. Il est temps de se réveiller, avant que nous ne soyons définitivement réduits au rôle de spectateurs impuissants d’un monde qui se redessine sans nous.

Source Léa Renoir sur AgoraVox 

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